Le festival Livres en Tête se rapproche à grand pas et l’impatience commence à se faire sentir ! C’est pourquoi Les Livreurs et LELO, marque référence des accessoires intimes, continuent de vous mettre l’eau à la bouche en vous offrant, en exclusivité, une nouvelle érotique de leur cru ! Venez découvrir de nombreux extraits savoureux lors du bal littéraire À rougir de lire du samedi 29 novembre !

Le Bal à la Page du festival Livres en Tête

Jarretelle

« Bonsoir, Charlotte.

Elle essaya de sourire, de relever mécaniquement les coins de sa bouche, elle renonça. Elle songea que dans l’entourage de toute personne, certains faciès, parfois tout à fait innocents, provoquaient le dégoût, voire une violence des plus arbitraires. Paul était de ceux là. Il avait une bouche fine et pincée en permanence, un petit nez étroit et délicat, une longue silhouette dont les bras et les jambes semblaient jaillir maladroitement. Et des yeux, des yeux cernés de paupières tombantes, et constamment mouillés comme ceux d’un vieux chien. Elle l’aurait giflé.

« Bonsoir Paul. Ça ne m’amuse pas de devoir faire des heures supplémentaires avec vous.

Elle ne pouvait pas s’en empêcher. Il fallait qu’elle l’écorche.

Paul sembla se rétracter sur lui même. Ses sentiments envers Charlotte n’étaient guère plus flatteurs. Il la voyait comme un objet carré, avec des coins très durs et tranchants : regard de cristal, nez d’acier, mâchoires saillantes comme des lames, épaules de lutteurs, il en frémissait.

Ils partageaient le même bureau depuis deux mois et ne s’adressaient la parole qu’en cas d’extrême nécessité, et toujours en aboyant. Mais ce soir-là, ils n’avaient pu éviter la réunion au pied-levé, leur patron les ayant sommés de lui remettre un rapport d’activités pour le surlendemain.

Charlotte avait donné rendez-vous à son collègue dans le luxueux restaurant qui trônait en face du siège de leur boîte. Il faisait nuit dehors, un froid piquant et Paul avait été aveuglé, en passant la porte tambour, par l’avalanches d’or et de cristal qui constituait le décor de l’illustre maison.

À présent, assis de part et d’autre d’une petite table blanche, ils s’efforçaient de discuter du contenu du rapport en se coupant copieusement la parole et en se lançant des piques sèches sur leurs déplorables méthodes de travail, lorsque le sommelier glissa silencieusement vers eux et les interrogea d’une voix onctueuse sur le choix de leurs boissons.

« Au vu des plats que vous avez commandés, murmura-t-il presque, je vous recommande un vin de Bourgogne de caractère…

Ils l’écoutèrent et acquiescèrent distraitement. Avant même qu’ils aient pu reprendre leurs longs échanges de regards noirs, deux grands verres de cristal fin se dressèrent devant eux et se remplirent en clapotant. Le liquide semblait aussi opaque, aussi souple qu’une étoffe de soie rouge. Les plats furent servis. Aucun d’eux n’y prêta attention : trop contrariés pour même penser à ce qu’ils faisaient, ils picoraient les plats et en faisaient disparaître prestement le contenu.

Charlotte s’aperçut qu’elle n’avait pas touché à son verre de vin et le vida presque d’une seule lampée. Aussitôt, le sommelier surgit à ses côtés et dans son verre fleurit un liquide d’un rouge plus profond encore que le précédent. Elle porta le verre à ses lèvres. L’atmosphère prit une teinte dorée.

De son côté, Paul expérimentait ; il avait constaté un phénomène amusant : chaque fois qu’il portait le verre de vin à ses lèvres, les courbes de sa collègue gonflaient et s’arrondissaient. Ses lèvres se firent scandaleusement charnues, ses épaules ondulèrent avec grâce, faisant saillir par moment une splendide gorge qui tendait le tissu de sa robe. Il s’effraya soudainement du cours de ses pensées : il sentait ses yeux plonger de plus en plus profondément dans le décolleté de Charlotte. Il avala une autre gorgée de vin, pour se donner une contenance. L’ivresse ne lui était pas coutumière. Le stress avait occulté sa raison. En face de lui, il eut l’impression que Charlotte s’épanouissait sur la table comme une chatte, poitrine offerte… Il tenta de clarifier son esprit. Sa vision passait du net au flou, tout le restaurant semblait caresser Charlotte.

Cette dernière se leva pour aller aux toilettes et c’est alors qu’il vit ce qui le perdit : une jarretelle ornée de dentelles apparut furtivement sous la robe retroussée de Charlotte. Elle retenait un bas scintillant, tout aussi froufroutant. La jupe retomba et sa propriétaire s’éloigna en présentant à Paul un cul splendide au roulis des plus prometteurs.

Paul s’épongea le front et remarqua que son verre avait de nouveau été rempli pendant son court moment d’absence. Il le saisit. Il revoyait la jarretelle s’envoler sous ses yeux. Elle l’obsédait. Le souvenir des froufrous le rendit fou. Il voyait Charlotte couverte d’une dentelle transparente, qui dessinait parfaitement ses tétons dressés de désir et la naissance de ses cuisses ; il fit le geste d’introduire ses doigts et il sentit son sexe se dresser contre son pantalon. Charlotte revenait.

« Je dois passer en face, au bureau, pour reposer les dossiers, dit-elle.

– Je vous accompagne, répondit Paul en ouvrant son portefeuille.

Ils pénétrèrent dans le bureau ; à cette heure avancée de la nuit, le bâtiment entier était vide, à l’exception des vigiles postés dans le hall. La pièce baignait dans une lueur bleue éclaboussée par endroit des lumières de la rue.

Charlotte posa les dossiers sur l’une des tables puis s’y appuya en fixant Paul. Celui-ci se rapprocha lentement de sa collègue et lui saisit les seins à travers le tissu de sa robe. Elle ne portait pas de soutien-gorge. Il ne pensait qu’aux jarretelles et à la dentelle qui, sous sa jupe, encadraient son sexe. De délicates jarretelles qu’il détacherait lentement, avant de faire glisser les bas le long des cuisses ; il ferait mine de caresser Charlotte, histoire de faire monter la tension et la frustration, et quand les gémissements de celle-ci auraient atteint un degré de volupté satisfaisant, il la prendrait, sans même la déshabiller entièrement, là, sur cette table, au beau milieu des dossiers.

Il glissa une main sous sa robe. Rien. Sa main effleura une jambe nue. Il souleva carrément la jupe et contempla, comprimant des cuisses vaguement grumeleuses, une horrible culotte synthétique blanc sale, qui recouvrait le ventre jusqu’au nombril. Il n’y avait pas de jarretières, pas de froufrous. Pas de dentelles. Un instant, il resta figé ; le souffle court, Charlotte leva les yeux vers lui.

« Quoi ? souffla-t-elle.

– J’avais vu… je croyais… J’ai cru que ce serait un peu plus sexy, bégaya-t-il. Il se remit à lui pétrir la poitrine. Le vin m’a fait voir de la dentelle sous ta robe, dit-il. Ça m’a un peu émoustillé.

– C’est fou ce que le vin est traître, approuva-t-elle en lui déboutonnant son pantalon. Elle caressa le renflement sous son caleçon. À moi aussi, ça m’a joué des tours. Tu vois ! Ton entrejambe m’avait paru beaucoup plus gros tout à l’heure, ajouta-t-elle avant de s’agenouiller.

– Elo d’Ormont

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