Paris Terroirs, fondé par Dominique Tissier il y a 18 ans, est une enseigne présente dans trois arrondissements parisiens qui nous fournira les vins à déguster lors de la soirée Le Rouge et le Blanc du mercredi 26 novembre à la Salle des Actes de l’Université Paris-Sorbonne. Paris Terroirs, c’est l’histoire d’un grand passionné qui étudia la littérature du Moyen-Âge pour ensuite se lancer dans la grande aventure rocambolesque des vins naturels.

Paris Terroirs, partenaire du festival Livres en Tête ! Vous proposez beaucoup de vins naturels, comment faites-vous pour vous rendre visible dans une aussi grande ville où la concurrence est très rude ? Quel est votre public cible ?

Je dispose d’abord d’une grande visibilité sur Internet avec un site traduit également en anglais. J’ai aussi trois boutiques dans des arrondissements différents, des boutiques attirantes, voyantes, très jolies avec pignon sur rue.

Oui, j’ai un public cible. Ce public se constitue tout simplement de gens curieux qui aiment le vin et qui sont à la recherche de la qualité. Je vends quelques vins aux professionnels et je participe également à des événements culturels, notamment les événements d’Arte.

Les vins naturels sont très à la mode actuellement, avez-vous remarqué un changement au sein de vos acheteurs ?

Je vends du bio depuis 18 ans. Je ne surfe pas sur la vague. Mon but premier est de vendre des vins naturels sans pesticides, par passion et non par effet de mode à des gens qui ne connaissent absolument rien aux vins et qui s’y intéressent seulement parce que le bio fait « bobo ». Il y a en effet ces dernières années un accroissement de la clientèle, une clientèle plus jeune, mais ce n’est pas vraiment la clientèle recherchée au départ car celle-ci ne vient pas pour la qualité des vins mais seulement pour surfer sur la vague, justement.

Vous vous déplacez  pour sélectionner vos fournisseurs chaque année, vous dites que vous privilégiez les vignerons au vignoble, peut-on dire alors en un sens que vous faites fi du terroir ?

Tout à fait. Je sillonne la France tous les ans. Je favorise les méthodes de travail des vignerons et leurs terres, c’est quelque chose de très important pour moi afin de vraiment bien connaître le produit et son histoire.

Nous pouvons trouver tous les types de vin dans votre boutique, mais avec un nom comme Paris Terroirs, proposez-vous d’autres produits du terroir français ? (bières, cidres…)

Oui bien sûr. Je vends également du cognac, de l’ammoniaque, des liqueurs et certains produits alimentaires typiques de nos régions comme des saucissons de cochons sauvages.

Vendez-vous aussi des vins étrangers ?

Oui, mais pas beaucoup car il y a certaines difficultés au niveau législatif. Les vins du nouveau monde sont trop jeunes et moins réglementés au niveau par exemple des eaux putrides.

Pourquoi ne vendez-vous pas beaucoup de Bordeaux ?

Les Bordeaux sont classés par leurs valeurs marchandes plutôt que par la qualité de leurs vins. Le classement de ces vins a en effet été établi en 1855 par un riche anglais qui a préféré classer les crus selon leur valeur plutôt que leur qualité. Ce classement demeure encore aujourd’hui et c’est ce pourquoi le Château Margot, par exemple, est resté dans le top 10. Il s’agit donc d’un classement établi en fonction du pognon plutôt qu’en fonction du terroir.

De plus, les Bordeaux sont souvent trafiqués par des arômes comme des copeaux de bois et les pesticides demeurent encore très présents sur les terres bordelaises.

Paris Terroirs, partenaire du festival Livres en Tête !

Les vendanges sont finies, pouvez-vous déjà nous donner un pronostic sur cette année 2014 et nous dire quels seront les meilleurs vins de cette année 2014 ?

Super pronostic. Cette année sera une très bonne année. Contrairement à l’année 2009 et à ses millésimes surmédiatisés, 2014 rattrape les dernières années qui ont souffert de la grêle qui a provoqué plus de bois que de fruits. On peut dire que l’année 2014 est une bonne année car il y a eu beaucoup d’ensoleillement et beaucoup de pluie donc beaucoup de rendement.

Je ne suis pas devin, je ne peux pas vous nommer précisément les vins mais je peux vous nommer quelques bonnes régions. La Bourgogne, le Beaujolais et la Loire devraient produire de supers vins mais le Languedoc, au contraire, a souffert de conditions défavorables.

Le livre et le vin qui se rencontrent le temps d’une soirée, c’est assembler deux produits bien connus de la France, deux symboles. Vous organisez vous-même des soirées dans vos magasins mais aviez-vous déjà pensé à rassembler ces deux entités, est-ce une idée que vous pourriez ou aimeriez reprendre ?

C’est la première fois que je participe à un aussi grand événement mais je l’ai déjà fait de façon privée. J’avais trouvé des vins qui allaient avec la lecture et la musique. Je considère que le vin rouge est moins approprié dans un cadre festif et je privilégie donc les bulles car elles donnent de la fraîcheur et sont associées aux festivités.

Paris Terroirs, partenaire du festival Livres en Tête ! Comme nous, vous accordez une grande place à la qualité. On compare souvent la littérature dite « de gare » à une littérature plus soutenue. Le même phénomène se révèle au niveau des vins. Quelle est la différence entre vous et une enseigne plus populaire comme Nicolas, par exemple ?

Nicolas est une enseigne « too much » qui propose plus de 700 marques de vins 100% industriels. On peut y trouver 6 ou 7 vins biologiques seulement. Le reste des vins sont des vins aromatisés et commerciaux comme Mouton Cadet, par exemple. Je sais de quoi je parle, j’ai moi-même travaillé chez Nicolas et j’ai très vite compris que l’importance était accordée à la communication et non à la qualité. Je suis parti et j’ai choisi de devenir un artisan du vin et non un industriel du vin.

Pouvez-vous dire à nos internautes les vins qui seront à découvrir lors de la soirée Le Rouge et le Blanc du festival ?

Ne disons pas tout. Je vous ai prévu un vin blanc atypique du Sud-Ouest. Un vin aromatique, frais, aux arômes de poire et de mirabelle. C’est un vin qui mettra en éveil vos sens. Pour ce qui est du rouge, c’est une surprise, je vous laisse assister à la soirée pour le connaître !

Le mot de la fin. Auriez-vous un conseil à donner à celui qui aimerait ouvrir une cave de vins naturels ?

Oui, distingue-toi mon grand !

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