Olivier Carpentier, fondateur de Book d'Oreille

Olivier Carpentier, Book d’Oreille

Nous avons interviewé Olivier Carpentier, fondateur de Book d’Oreille !

Nous vous annoncions la semaine dernière la rediffusion live de la soirée Plaidoiries Imaginaires, organisée par Book d’Oreille, site dédié à la promotion et à la vente de livres audio en langue française…

Olivier Carpentier, directeur du site, fera également cette année la sélection des textes à goûter et à critiquer pour la soirée Dégustation Littéraire du 26 novembre. Nous avons donc choisi de vous présenter ce connaisseur et de le faire parler de son projet et de sa vision du livre audio à travers une interview dont nous publions la première partie aujourd’hui…

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours ? Quelle est désormais votre participation à Book d’oreille ?

J’ai un double-parcours en sciences humaines et en techniques du son. Parallèlement à mon travail de réalisateur sonore et concepteur web, j’ai créé Book d’Oreille en 2008 sous forme d’un site d’information. Je partage mon temps entre Book d’Oreille, les projets web au sein de l’agence Spontané_IT, et la réalisation de fictions sonores. Mon rôle au sein de Book d’Oreille se limite à la conception graphique/ergonomique, à financer nos efforts sur l’accessibilité et la sécurité, les relations avec les partenaires.

Quels sont les auteurs que vous préférez lire et entendre lus ? Quels sont les interprètes que vous préférez ? Pour quelles raisons ?

J’adore les textes lus par leurs auteurs, mais aussi certains comédiens qui savent briller dans la neutralité, comme Éric Herson-Macarel. Il y a aussi ces acteurs québécois lisant des ouvrages de développement personnel qui s’efforcent de dissimuler leur accent avec plus ou moins de succès… et un certain charme. On en sourit mais ça produit parfois une diction très propre, bien structurée.

Y a t-il des auteurs que vous considérez illisibles à voix haute ?

Bien sûr les textes trop riches en dialogues sont parfois impossibles à adapter. De façon générale, je crois que rien n’est impossible, mais il y a simplement des textes qui n’ont pas trouvé la bonne voix.

Quelle est l’idée fondatrice du projet Book d’Oreille ?

L’idée de départ est de donner au livre audio un lieu d’information et de documentation qui contribue à le sortir du statut de « produit de substitution », de sous-genre. Le point de départ, c’est d’apporter via Internet un message tout simple : il existe une diversité d’offre de livres audio en langue française que vous ne soupçonnez pas et qui va changer votre regard sur ce média. Dès lors, la richesse de ce secteur d’activité émerge, en fixant l’attention sur les comédiens et leur rapport au texte ou au studio d’enregistrement, sur les audio-lecteurs et leurs pratiques de consommation, ou sur les initiatives connexes (radio, spectacle, cinéma, édition numérique). Nous insistons sur la distinction entre le livre audio professionnel et le livre audio associatif-amateur qui a déjà ses propres circuits et qui fait parfois obstacle à l’arrivée de nouveaux publics en brouillant l’image du livre audio.

Pouvez-vous me parler de son histoire ?

D’abord, il y a une formidable rencontre avec certains textes classiques en audio en Français puis en anglais. J’ai découvert que le livre audio était complètement en phase avec ma façon de mémoriser les choses et mon besoin de m’évader dans l’imagination. Ensuite une pratique du travail de direction d’acteur, du studio d’enregistrement, du montage, pour des projets de cinéma d’animation ou de théâtre. Egalement, une prise de conscience que le livre audio français avait un retard terrible à rattraper en termes de notoriété. Tout cela contribue à l’envie de créer un média, avec l’impulsion, en 2009, d’une bourse de la fondation Jean-Luc Lagardère. Enfin 2012, le projet de créer une véritable entreprise numérique autour de Book d’Oreille se concrétise, avec la constitution d’une petite équipe de geek littéraires et un projet de service e-commerce 100% made in France destiné à simplifier la consommation de livres audio.

Quels résultats obtenez-vous à l’heure actuelle, et quelles sont vos aspirations pour la suite ?

Le service e-commerce a été lancé en juin 2013, c’est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Nous attendons de faire entrer davantage de littérature contemporaine dans notre catalogue.

Quels sont les plus grands succès ?

Les adaptations sonores de RoadBook ont beaucoup plu cet été, ainsi que les documents de sciences de l’éditeur De Vive Voix.

Quels sont les avantages du fonctionnement en ligne pour cette activité particulière ?

Il s’agit pour nous d’anticiper la fin du CD en associant les ressources associées aux livres audio, leur achat et leur consommation numérique.

Quels sont les publics de votre site ? Avez-vous des retours de leur part ?

Les clients sont sensibles à notre démarche exigeante en matière de diversité et d’accessibilité. Nous avons la chance d’avoir déjà quelques clients fidèles. À ce jour, nous avons des enseignants, des expatriés, des parents, des « seniors connectés » mais aussi des personnes malvoyantes. L’un des retours les plus précieux provient d’ailleurs d’une personne non-voyante qui a réussi à naviguer dans le site et à passer commande à deux reprises.

Pour la suite, rendez-vous la semaine prochaine !

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