Cette année encore, la librairie La Manoeuvre accompagnera le festival Livres en Tête en vous proposant chaque soir les différents livres des invités du festival. Pour en savoir plus sur cette librairie, nous avons interviewé Émilie Pautus, responsable adjointe de la librairie La Manoeuvre.

LaManoeuvre

Votre librairie propose à la vente un grand nombre de livres aux sujets variés (allant de la science fiction aux livres photo). Pouvez-vous nous dire si vous avez néanmoins un domaine de prédilection qui vous différencie des autres libraires ?

Nous sommes une libraire généraliste qui met l’accent sur une sélection pointue en littérature et sur un choix large et original en photographie. C’est avec beaucoup de soin également que les rayons jeunesse, bande-dessinée et sciences humaines sont étoffés.

Le marché de l’objet culturel connaît une véritable crise : beaucoup de grands groupes comme Virgin ont d’ailleurs fermé leur porte. Mais face à des géants comme Amazon, vous réussisez à survivre. Pouvez-vous nous dire ce qui fait que la librairie est encore un secteur porteur sur le marché du livre ? La solution est-elle la création d’une communauté de librairies telle que Librest, dont vous faites partie ?

Les libraires sont des gens passionnés qui ont transformé leurs librairies en véritable lieu de rencontre et d’échange. Plus que jamais, les librairies s’animent, se mettent en scène et innovent pour faire partager l’amour des livres. La création de réseaux tels que Librest (les libraires de l’est parisien) auquel nous appartenons et qui nous permet, grâce à une mutualisation de nos stocks, de recevoir nos commandes en moins de 24h ou Paris Librairies qui référence pour chaque titre les librairies parisiennes les ayant en stock développe autant de services qui nous rendent solidaires et performants. Pour les inconditionnels d’internet, le site de lalibrairie.com permet aux lecteurs d’acheter leurs livres en ligne tout en achetant chez des libraires.

La librairie s’adapte, reste dynamique et ne perd jamais le sourire !

Pensez-vous qu’il soit possible, comme l’a fait remarquer notre Ministre de la Culture, Fleur Pellerin, que l’on n’ait pas le temps de lire un seul livre en deux ans ? Quel Modiano lui conseilleriez-vous ?

J’emprunterai les mots de Daniel Pennac : « Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilate le temps de vivre. » Pour ce que nous aimons, le temps se trouve toujours. Et lire n’est jamais une perte de temps.  Lire Modiano ou autre n’est pas un devoir mais cela serait bien triste de s’en priver !

Quelle place tiennent les livres audio dans votre librairie ? Et au sein des autres librairies de Librest ? Savez-vous s’ils sont soumis à la même taxe que les livres papier ?

Nous n’avons pas de livres audio à la librairie. Cela tient à la fois au manque de place mais aussi à un manque de clientèle pour ce type d’ouvrages. Les livres audio sont soumis à la même réglementation que le livre papier soit une TVA à 5,5% et un prix unique.

Le livre audio connaît une véritable expansion sur le marché anglo-saxon ; cependant il reste encore très peu usité en France. En tant que libraire, pensez-vous que les livres audio aient un avenir prospère ?

Le livre audio se diversifie de plus en plus et élargit son offre de façon considérable. C’est un secteur dynamique qui a véritablement su trouver sa place dans bon nombre de librairies.

Vous interviendrez les 26, 27, 28 et 29 novembre prochain au Festival Livres en Tête. Pouvez-vous nous expliquer comment vous vous organisez dans la préparation d’un tel événement ? Quelles sont les principales contraintes logistiques ?

La préparation d’un tel événement commence par la programmation. Nous faisons en sorte de commander les ouvrages des auteurs invités, les ouvrages qui seront lus pendant les soirées et certains livres qui pourraient nous paraître pertinents selon le thème de la soirée. Cela nous fait un volume de livres assez important gérer dans la librairie. Une fois que tout est arrivé et contrôlé, nous faisons appel à un coursier qui livre nos cartons sur les lieux du festival.

Une fois les livres commandés, il reste à organiser le temps de travail des libraires. Le festival se déroule le soir, cela nécessite une bonne organisation pour que les journées de travail ne soient pas trop longues !

Votre librairie organise des séances de dédicace, des conférences – peut être avons-nous eu la chance de recevoir les mêmes auteurs ? Pourriez-vous nous raconter un événement particulièrement marquant, une anecdote croustillante ?

La librairie organise beaucoup d’événements que ce soit en littérature, en bande dessinée, en jeunesse. Le programme de nos rencontres se trouve sur le site de Librest. Il y a toujours beaucoup d’anecdotes. La plus marquante sera sûrement la rencontre avec la revue Feuilleton que nous avons organisée l’année dernière. Adrien Bosc, directeur de la revue, est venu avec Arthur Larrue, un jeune auteur fraîchement rentré de Russie. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus. À tel point que nous avons proposé à Arthur Larrue d’être en résidence à la librairie pendant une année. Ce projet, financé par la région Ile-de-France a pris la forme de leçons littéraires qu’Arthur anime tous les mois à la librairie. Et nous en sommes ravis autant que nos clients !

Avez-vous déjà un auteur favori parmi la programmation du festival de cet année ? Y-a t-il un auteur que vous aimeriez un jour voir invité à Livres en Tête ?

Je n’ai pas à proprement parlé de favori dans la programmation du festival mais j’ai déjà eu la chance de rencontrer plusieurs fois David Vann. C’est avec un immense plaisir que je le retrouverai pendant le festival.

Enfin, si vous ne deviez conseiller qu’un livre parmi ceux écrits par les auteurs invités au festival (Marie-Hélène Lafon, Luc Lang, David Vann, André Brahic, Jean-Luc Coudray, Boris Le Roy…), lequel serait-ce ? Ou avez-vous peut-être un autre “livre du moment” que nos lecteurs devraient absolument se procurer ?

Je conseillerai deux livres qui sont pour moi essentiels dans cette rentrée : L’Ile du point nemo de Jean-Marie Blas de Roblès aux éditions Zulma, roman d’aventure jubilatoire et Une si jolie petite fille de Gitta Sereny aux éditions Plein Jour, le texte d’une journaliste hors du commun et  d’une force incroyable, un vrai chef d’œuvre.

– Propos recueillis par Marine Roullier

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