Le style de Carole Martinez, unique, poétique, fantasque et fantastique, surprend dès les premières lignes. Il est d’une autre époque, moyenâgeuse, celui de La terre qui penche, son troisième roman. Mais il suffit de passer un sas — quelques paragraphes à peine — pour pénétrer dans un univers de conte et se laisser envoûter, enchanter, par les phrases travaillées, le vocabulaire daté et l’histoire crue et cruelle.

La terre qui penche de Carole Martinez au festival Livres en Tête

L’épopée se brode et se tisse vers 1630, en pays Comtois, où l’on retrouve le Domaine des murmures, cadre du deuxième roman de Carole Martinez, qui se passait au XIIe siècle.

Le texte chante et danse, ryhtmé de comptines, de chansons de geste et d’airs de caroles (danses du Moyen Âge).

Deux narratrices alternent : Blanche, une petite fille, et sa vieille âme. Parmi les personnages hauts en couleurs et forts en caractères — dont un ogre bien réel et une sirène de rivière —, on croise des chevaliers, des serfs, des sorcières et des femmes en butte au pouvoir des hommes. Mais parfois, les hommes éprouvent des sentiments et une petite fille peut échapper à l’ogre…

 

 

Il est mort, la face contre terre, mort, une épée inutile au côté, mort, et je me souviens même qu’il a pleuré avant de s’affaisser sur son gros caillou, pleuré de tristesse à l’idée de quitter ce monde formidable où tout est possible pour un géant en armes, où la violence l’emporte le plus souvent, où les enfants perdus dans les bois n’ont aucune chance de passer la nuit s’ils ignorent qu’ils peuvent être chardons.

De secrets de familles en batailles de fiefs, de mariages forcés en amours clandestines, la petite Blanche grandit, apprend et découvre le monde des adultes.

Éditions Gallimard, 2015, 368 pages, 20 euros.

Retrouvez Carole Martinez pour une lecture exclusive de La Terre qui penche le jeudi 26 novembre au festival Livres en Tête lors de la soirée Le Rouge & le Blanc !

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